PostgreSQLLa base de données la plus sophistiquée au monde.

Version anglaise

GRANT

GRANT — Définir les droits d'accès

Synopsis

              GRANT { { SELECT | INSERT | UPDATE | DELETE | TRUNCATE | REFERENCES | TRIGGER }
    [, ...] | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON { [ TABLE ] nom_table [, ...]
         | ALL TABLES IN SCHEMA nom_schéma [, ...] }
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { { SELECT | INSERT | UPDATE | REFERENCES } ( nom_colonne [, ...] )
    [, ...] | ALL [ PRIVILEGES ] ( nom_colonne [, ...] ) }
    ON [ TABLE ] nom_table [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { { USAGE | SELECT | UPDATE }
    [, ...] | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON { SEQUENCE nom_séquence [, ...]
         | ALL SEQUENCES IN SCHEMA nom_schéma [, ...] }
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { { CREATE | CONNECT | TEMPORARY | TEMP } [, ...] | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON DATABASE nom_base [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { USAGE | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON DOMAIN nom_domaine [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { USAGE | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON FOREIGN DATA WRAPPER nom_fdw [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { USAGE | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON FOREIGN SERVER nom_serveur [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { EXECUTE | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON { { FUNCTION | PROCEDURE | ROUTINE } nom_routine [ ( [ [ mode_arg ] [ nom_arg ] type_arg [, ...] ] ) ] [, ...]
         | ALL { FUNCTIONS | PROCEDURES | ROUTINES } IN SCHEMA nom_schéma [, ...] }
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { USAGE | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON LANGUAGE nom_lang [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { { SELECT | UPDATE } [, ...] | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON LARGE OBJECT loid [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { { CREATE | USAGE } [, ...] | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON SCHEMA nom_schéma [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { CREATE | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON TABLESPACE tablespace_name [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

GRANT { USAGE | ALL [ PRIVILEGES ] }
    ON TYPE nom_type [, ...]
    TO spécification_rôle [, ...] [ WITH GRANT OPTION ]

spécification_rôle peut valoir :

    [ GROUP ] nom_rôle
  | PUBLIC
  | CURRENT_USER
  | SESSION_USER

GRANT nom_rôle [, ...] TO nom_rôle [, ...] [ WITH ADMIN OPTION ]
  

Description

La commande GRANT a deux variantes basiques : la première donne des droits sur un objet de la base de données (table, colonne, vue, table distante, séquence, base de données, wrapper de données distantes, serveur distant, fonction, procédure, langage de procédure, schéma ou espace logique), la seconde gère les appartenances à un rôle. Ces variantes sont assez similaires mais somme toute assez différentes pour être décrites séparément.

GRANT sur les objets de la base de données

Cette variante de la commande GRANT donne des droits spécifiques sur un objet de la base de données a un ou plusieurs rôles. Ces droits sont ajoutés à ceux déjà possédés, s'il y en a.

Le mot clé PUBLIC indique que les droits sont donnés à tous les rôles, y compris ceux créés ultérieurement. PUBLIC peut être vu comme un groupe implicitement défini qui inclut en permanence tous les rôles. Un rôle particulier dispose de la somme des droits qui lui sont acquis en propre, des droits de tout rôle dont il est membre et des droits donnés à PUBLIC.

Si WITH GRANT OPTION est précisé, celui qui reçoit le droit peut le transmettre à son tour (NDT : par la suite on parlera d'«  option de transmission de droit  », là où en anglais il est fait mention de «  grant options  »). Sans l'option GRANT, l'utilisateur ne peut pas le faire. Cette option ne peut pas être donnée à PUBLIC.

Il n'est pas nécessaire d'accorder des droits au propriétaire d'un objet (habituellement l'utilisateur qui l'a créé) car, par défaut, le propriétaire possède tous les droits. (Le propriétaire peut toutefois choisir de révoquer certains de ses propres droits.)

Le droit de supprimer un objet ou de modifier sa définition n'est pas configurable avec cette commande. Il est spécifique au propriétaire de l'objet. Ce droit ne peut ni être donné ni supprimé. Néanmoins, il est possible d'avoir le même effet en rendant un utilisateur membre du rôle qui possède cet object ou en le supprimant de ce rôle. Le propriétaire a aussi implicitement les options de transmission de droits pour l'objet.

Les droits possibles sont :

SELECT, INSERT, UPDATE, DELETE, TRUNCATE, REFERENCES, TRIGGER, CREATE, CONNECT, TEMPORARY, EXECUTE, USAGE

Types spécifiques de droits, comme définis dans Section 5.7, « Droits ».

TEMP

Autre écriture de TEMPORARY.

ALL PRIVILEGES

Donner tous les droits disponibles pour ce type d'objet. Le mot-clé PRIVILEGES est optionnel dans PostgreSQL™, bien qu'il soit requis en SQL.

La syntaxe FUNCTION fonctionne pour les fonctions simples, les fonctions d'agrégat, et les fonctions de fenêtrage, mais pas pour les procédures ; utilisez PROCEDURE pour ces dernières. Vous pouvez aussi utiliser ROUTINE pour faire référence à une fonction simple, une fonction d'agrégat, une fonction de fenêtrage ou une procédure.

Il existe aussi une option pour donner les droits sur tous les objets de même type dans un ou plusieurs schémas. Cette fonctionnalité est actuellement supportée par les tables, séquences, fonctions et procédures. ALL TABLES affecte aussi les vues et les tables externes, tout comme la commande GRANT de cet objet. ALL FUNCTIONS affecte aussi les fonctions d'agrégat et les fonctions de fenêtrage, mais pas les procédures, encore une fois tout comme la commande GRANT spécifique à l'objet. Utilisez ALL ROUTINES pour inclure les procédures.

GRANT sur les rôles

Cette variante de la commande GRANT définit l'appartenance d'un (ou plusieurs) rôle(s) à un autre. L'appartenance à un rôle est importante car elle offre tous les droits accordés à un rôle à l'ensemble de ses membres.

Si WITH ADMIN OPTION est spécifié, le membre peut à la fois en octroyer l'appartenance à d'autres rôles, et la révoquer. Sans cette option, les utilisateurs ordinaires ne peuvent pas le faire. Un rôle ne dispose pas de l'option WITH ADMIN OPTION lui-même mais il peut donner ou enlever son appartenance à partir d'une session où l'utilisateur correspond au rôle. Les superutilisateurs peuvent donner ou supprimer l'appartenance à tout rôle. Les rôles disposant de l'attribut CREATEROLE peuvent donner ou supprimer l'appartenance à tout rôle qui n'est pas un superutilisateur.

Contrairement au cas avec les droits, l'appartenance à un rôle ne peut pas être donné à PUBLIC. Notez aussi que ce format de la commande n'autorise pas le mot GROUP.

Notes

La commande REVOKE(7) est utilisée pour retirer les droits d'accès.

Depuis PostgreSQL™ 8.1, le concept des utilisateurs et des groupes a été unifié en un seul type d'entité appelé rôle. Il n'est donc plus nécessaire d'utiliser le mot clé GROUP pour indiquer si le bénéficiaire est un utilisateur ou un groupe. GROUP est toujours autorisé dans cette commande mais est ignoré.

Un utilisateur peut exécuter des SELECT, INSERT, etc. sur une colonne si il a le privilège soit sur cette colonne spécifique, soit sur la table entière. Donner un privilège de table puis le révoquer pour une colonne ne fera pas ce que vous pourriez espérer : l'autorisation au niveau de la table n'est pas affectée par une opération au niveau de la colonne.

Quand un utilisateur, non propriétaire d'un objet, essaie d'octroyer des droits sur cet objet, la commande échoue si l'utilisateur n'a aucun droit sur l'objet. Tant que des privilèges existent, la commande s'exécute, mais n'octroie que les droits pour lesquels l'utilisateur dispose de l'option de transmission. Les formes GRANT ALL PRIVILEGES engendrent un message d'avertissement si aucune option de transmission de droit n'est détenue, tandis que les autres formes n'engendrent un message que lorsque les options de transmission du privilège concerné par la commande ne sont pas détenues. (Cela s'applique aussi au propriétaire de l'objet, mais comme on considère toujours que ce dernier détient toutes les options de transmission, le problème ne se pose jamais.)

Les superutilisateurs de la base de données peuvent accéder à tous les objets sans tenir compte des droits qui les régissent. Cela est comparable aux droits de root sur un système Unix. Comme avec root, il est déconseillé d'opérer en tant que superutilisateur, sauf en cas d'impérieuse nécessité.

Si un superutilisateur lance une commande GRANT ou REVOKE, tout se passe comme si la commande était exécutée par le propriétaire de l'objet concerné. Les droits octroyés par cette commande semblent ainsi l'avoir été par le propriétaire de l'objet. (L'appartenance à rôle, elle, semble être donnée par le rôle conteneur.)

GRANT et REVOKE peuvent aussi être exécutées par un rôle qui n'est pas le propriétaire de l'objet considéré, mais est membre du rôle propriétaire de l'objet, ou membre du rôle titulaire du privilège WITH GRANT OPTION sur cet objet. Dans ce cas, les droits sont enregistrés comme donnés par le rôle propriétaire de l'objet ou titulaire du privilège WITH GRANT OPTION. Par exemple, si la table t1 appartient au rôle g1, dont le rôle u1 est membre, alors u1 peut donner les droits sur t1 à u2, mais ces droits apparaissent octroyés directement par g1. Tout autre membre du rôle g1 peut les révoquer par la suite.

Si le rôle qui exécute GRANT détient, de manière indirecte, les droits souhaités à travers plus d'un niveau d'appartenance, il est difficile de prévoir le rôle reconnu comme fournisseur du privilège. Dans de tels cas, le meilleur moyen d'utiliser SET ROLE est de devenir le rôle qui doit octroyer les droits.

Donner un droit sur une table n'étend pas automatiquement les droits sur les séquences utilisées par cette table, ceci incluant les séquences liées par des colonnes de type SERIAL. Les droits sur les séquences doivent être donnés séparément.

Voir Section 5.7, « Droits » pour plus d'informations sur les types de droit spécifiques, ainsi que sur la façon d'inspecter les droits sur les objets.

Exemples

Donner le droit d'insertion à tous les utilisateurs sur la table films :

GRANT INSERT ON films TO PUBLIC;
   

Donner tous les droits possibles à l'utilisateur manuel sur la vue genres :

              GRANT ALL PRIVILEGES ON genres TO manuel;
   

Bien que la commande ci-dessus donne tous les droits lorsqu'elle est exécutée par un superutilisateur ou par le propriétaire de genres, exécutée par quelqu'un d'autre, elle n'accorde que les droits pour lesquels cet utilisateur possède l'option de transmission.

Rendre joe membre de admins :

GRANT admins TO joe;
   

Compatibilité

Conformément au standard SQL, le mot clé PRIVILEGES est requis dans ALL PRIVILEGES. Le standard SQL n'autorise pas l'initialisation des droits sur plus d'un objet par commande.

PostgreSQL™ autorise un propriétaire d'objet à révoquer ses propres droits ordinaires : par exemple, le propriétaire d'un objet peut le placer en lecture seule pour lui-même en révoquant ses propres droits INSERT, UPDATE, DELETE et TRUNCATE. Le standard SQL ne l'autorise pas. La raison en est que PostgreSQL™ traite les droits du propriétaire comme ayant été donnés par le propriétaire ; il peut, de ce fait, aussi les révoquer. Dans le standard SQL, les droits du propriétaire sont donnés par une entité « _SYSTEM ». N'étant pas « _SYSTEM », le propriétaire ne peut pas révoquer ces droits.

D'après le standard SQL, les options de cette commande peuvent être données à PUBLIC ; PostgreSQL supporte seulement l'ajout des options de droits aux rôles.

Le standard SQL fournit un droit USAGE sur d'autres types d'objet : jeux de caractères, collations, conversions.

Dans le standard SQL, seules les séquences ont un droit USAGE qui contrôle l'utilisation de l'expression NEXT VALUE FOR, un équivalent de la fonction nextval dans PostgreSQL. Les droits SELECT et UPDATE des séquences sont une extension de PostgreSQL. L'application du droit USAGE de la séquence à la fonction currval est aussi une extension PostgreSQL (comme l'est la fonction elle-même).

Les droits sur les bases de données, tablespaces, langages, schémas et séquences sont des extensions PostgreSQL™.